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Armes anciennes : la France bat le record du monde par équipes à Eisenstadt

Armes anciennes : la France bat le record du monde par équipes à Eisenstadt
© PleineMouche

Le 31e championnat du monde de tir aux armes anciennes s'est tenu du 16 au 22 août 2026 à Eisenstadt et Tattendorf, en Autriche, sous l'égide de la MLAIC, la confédération internationale qui régit le tir à la poudre noire à chargement par la bouche. Les résultats officiels publiés par la fédération autrichienne de tir, organisatrice via son comité du Burgenland, placent la France parmi les nations les plus en vue de la compétition, avec un record du monde par équipes et plusieurs titres individuels.

Un record du monde vieux de seize ans effacé de trois points

Le fait marquant de la semaine est tombé le 20 août, dans l'épreuve par équipes dite du Grand Prix de Versailles, qui additionne les scores de tireurs engagés au Miquelet et au Minié, deux armes d'épaule d'origine. L'équipe de France y a totalisé 545 points, d'après la feuille de résultats officielle. Le précédent record du monde de l'épreuve, 542 points, appartenait à l'Allemagne depuis les championnats de Barcelos, au Portugal, en 2010.

545 points, soit trois de plus que le record du monde détenu par l'Allemagne depuis 2010 — et cinq de plus que l'Allemagne elle-même, deuxième cette année avec 540.

La marge est étroite, mais elle se lit dans le détail des cartons : les six scores composant le total français s'échelonnent de 87 à 94 points, sans le moindre passage à vide. Dans une discipline où seuls les dix impacts comptés font le total, la régularité pèse davantage que le coup d'éclat.

Grand Prix de Versailles (20 août 2026)Total
France545
Allemagne540
Suisse508
Ancien record du monde (Allemagne, Barcelos 2010)542

Véronique Tissier, un titre mondial et un carton plein

En individuel, la performance la plus complète revient à Véronique Tissier. Le 18 août, elle signe un 100 sur 100 dans l'épreuve Whitworth réplique, en plaçant ses dix coups comptés dans le dix — un score qui égale le record du monde de l'épreuve, établi en 2008 à Adélaïde et rappelé en tête de la feuille de résultats. Ce carton plein ne lui vaut pourtant que la deuxième place, départagée au décompte des impacts par le vainqueur allemand.

Le lendemain, 19 août, elle remporte le titre mondial en Walkyrie réplique, épreuve dont le plateau est exclusivement féminin, et où la deuxième réalise 99 points. Trois autres Françaises figurent dans les huit premières de cette même épreuve : Anaïs Terpoorter (98), Maeva Moelo (97) et Alix Barraud (94).

Un troisième titre individuel revient à Christophe Batista, sacré le 22 août en Donald Malson réplique avec 89 points. Là encore, tout s'est joué au décompte : l'Autrichien Steffen Schmidinger termine au même total, mais avec trois dix contre quatre pour le Français.

Deux jeunes tireuses françaises sur le podium

Les catégories jeunes ont également souri à la délégation :

  • Céleste Fleury-Bougé : championne du monde en Vetterli Youth le 20 août avec 98 points, et vice-championne en Whitworth Youth avec 89 points ;
  • Soraya Zitouni : championne du monde en Kuchenreuter Youth le 19 août avec 95 points, et médaillée de bronze en Mariette Youth avec 87 points.

Ces résultats juniors comptent au moins autant que les titres seniors : le tir aux armes anciennes souffre d'un vieillissement structurel de ses pratiquants, et voir deux jeunes tireuses monter deux fois chacune sur le podium mondial dit quelque chose de la relève française. C'est la même lecture que nous faisions à propos de ce que révèle une semaine de titres aux championnats de France de Volmerange, et que l'on suit au fil de notre rubrique consacrée à la compétition de tir.

Ce que « réplique » et « original » veulent dire

Chaque épreuve MLAIC porte le nom d'un armurier ou d'un modèle historique — Whitworth, Vetterli, Kuchenreuter, Mariette, Minié — et se décline en deux versions. Les épreuves marquées O (original) se tirent avec une arme d'époque ; celles marquées R (réplique) avec une reproduction moderne. Le geste est identique, mais la logique matérielle est très différente : l'original impose de composer avec une arme irremplaçable, la réplique autorise le réglage et l'entretien continus.

En France, ces armes relèvent de la catégorie D du code de la sécurité intérieure : les armes à chargement par la bouche, répliques comprises, sont d'acquisition et de détention libres pour les majeurs. C'est ce qui explique qu'une discipline totalement absente du programme olympique, et donc de l'exposition médiatique dont bénéficient les épreuves ISSF comme le titre mondial de Clément Bessaguet en vitesse olympique, conserve un vivier de pratiquants aussi solide.

Le calendrier international français reste dense sur ce type d'échéances : les championnats d'Europe d'arbalète disputés cet été à Châteauroux, dont nous avons rendu compte dans le bilan des 47 médailles françaises, relevaient de la même famille de disciplines de précision peu médiatisées mais solidement structurées.

D'après les résultats officiels du 31e championnat du monde MLAIC publiés par l'Österreichischer Schützenbund, 22/08/2026, et La Montagne, 25/08/2026.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la MLAIC ?
La Muzzle Loaders Associations International Confederation est la fédération internationale qui organise le tir sportif à la poudre noire avec des armes à chargement par la bouche. Elle réunit les associations nationales et organise un championnat du monde tous les deux ans. Son programme couvre pistolets, revolvers et armes d'épaule, en version d'époque comme en reproduction moderne.
Pourquoi certains scores sont-ils départagés au décompte des impacts ?
Parce que les cibles MLAIC ne donnent qu'un total sur 100 points pour dix coups comptés, ce qui produit beaucoup d'égalités. Le classement retient alors le nombre de dix, puis de neuf, et ainsi de suite. C'est ainsi que deux tireurs à 89 points peuvent être séparés, l'un ayant placé quatre dix et l'autre trois.
Faut-il une autorisation pour pratiquer le tir aux armes anciennes en France ?
Les armes à chargement par la bouche relèvent de la catégorie D du code de la sécurité intérieure, d'acquisition et de détention libres pour les personnes majeures. En revanche, la pratique en stand suppose une licence et le respect du règlement du club, comme pour toute autre discipline de tir. La poudre noire, elle, obéit à des règles d'achat et de stockage qui lui sont propres.
Quelle différence entre une épreuve « original » et une épreuve « réplique » ?
L'épreuve original se tire avec une arme d'époque, l'épreuve réplique avec une reproduction moderne du même modèle. Les distances, les cibles et le nombre de coups sont identiques. La contrainte diffère : une arme ancienne est irremplaçable et supporte mal les modifications, là où une réplique peut être entretenue et ajustée sans limite.
Le tir aux armes anciennes fait-il partie du programme olympique ?
Non, il n'y figure pas et n'a jamais été inscrit au programme des Jeux modernes. Il n'est pas non plus régi par l'ISSF, mais par sa propre confédération internationale. Cette indépendance explique sa faible visibilité médiatique, sans rapport avec le niveau de structuration de ses compétitions.

En résumé

  • La délégation française repart d'Autriche avec un record du monde par équipes et trois titres individuels chez les seniors.
  • Deux des victoires se sont jouées au décompte des impacts, à égalité de points : la régularité prime sur le coup d'éclat.
  • Les deux titres jeunes signalent une relève réelle dans une discipline habituellement vieillissante.
  • Le tir aux armes anciennes se pratique en catégorie D en France, ce qui explique en partie la vitalité de son vivier.
  • Absente du programme olympique, la discipline reste structurée autour d'un calendrier international dense.