Pyramyd Cup 2026 : la compétition d'air comprimé qui fait salon
Une compétition d'été organisée par un détaillant américain n'a rien, sur le papier, d'un rendez-vous industriel. L'édition 2026 de la Pyramyd Cup, dont la première journée de tir s'est tenue le 6 août, a pourtant réuni vingt sociétés exposantes et une série de matériels montrés pour la première fois. Le tout autour de 240 compétiteurs inscrits, un record pour l'épreuve, selon le décompte communiqué par l'organisatrice Emily Philippi à Hard Air Magazine.
Une épreuve devenue vitrine
Le format explique l'attrait. Un pas de tir d'essai est adjoint aux stands, où les visiteurs peuvent épauler les nouveautés au lieu de les regarder sous vitrine. Pour un fabricant, c'est une exposition qualifiée à faible coût, devant un public déjà équipé et prescripteur.
La liste des présents recoupe largement celle des grands salons : Air Venturi, Diana, Leapers, Airmarksman, Hatsan, Umarex, AirForce et RAW, Macavity, Sightron, RX Target Systems, Iconic Outdoor Group, RTI, JTS, FX Airguns, Buck Rail, Vector Optics, Hawke, Predator et JSB, Saber Tactical.
Avec 240 compétiteurs inscrits et vingt sociétés exposantes, l'édition 2026 est la plus fournie de l'histoire de l'épreuve, selon Hard Air Magazine, 6 août 2026.
Trois formats de tir dans la même semaine
La Cup n'est pas une épreuve unique mais un enchaînement de disciplines qui n'exigent ni le même matériel ni la même préparation :
- le benchrest à 100 yards, soit environ 91 mètres, dont la première carte a nécessité quatre relais successifs tant les inscrits étaient nombreux ;
- le Gunslynger, une épreuve de silhouettes disputée au chronomètre, programmée l'après-midi de la première journée ;
- le field target, dont l'essentiel du parcours se déroule en sous-bois dense, où la lumière basse a rendu la télémétrie des cibles particulièrement difficile cette année.
La direction sportive de l'épreuve est assurée par Tyler Patner, qui la pilote depuis plusieurs saisons avec Emily Philippi.
Ce qui a été montré pour la première fois
Umarex USA a profité de l'événement pour présenter trois produits inédits : un pistolet CO2 Vedara, une carabine PCP Outpost en calibre .25 et une PCP gros calibre baptisée Tusk. Le premier reprend la logique du pistolet CO2 Umarex Verada et de son barillet de neuf coups, annoncé quelques jours plus tôt sur le même marché.
Hatsan, sponsor principal de l'épreuve, y montrait la Repex, une carabine dérivée de son pistolet PCP Velox : crosse repliable et réservoir d'air comprimé rallongé, pour transformer une arme de poing à air en carabine compacte. Macavity Arms exposait sa MA8 de benchrest, tirée en .30 pendant l'épreuve des 100 yards. Air Venturi présentait un pistolet à billes acier CO2 sous licence Springfield Armory, réplique du TRP 1911 dotée d'un mode automatique.
Côté optique, Hawke a dévoilé une longue-vue Frontier ED-X Compact 15-35x56, une Vantage HD 20-60x80 de format plus classique, et une paire de jumelles Frontier ED X Gen 2 en 8x42. L'accessoiriste Buck Rail complétait le tableau avec un devant à rail Arca pour l'Umarex Notos G2, un devant pour l'Air Venturi AirStryke et un châssis pour la FX DRS.
Ce que la réglementation française en fait
Le point est décisif pour un lecteur français, car la catégorie ne dépend ni de la marque ni de l'apparence, mais de l'énergie développée à la bouche. Le seuil est fixé à 20 joules.
| Type de matériel présenté | Énergie usuelle | Classement en France |
|---|---|---|
| Pistolet CO2 à billes acier ou à plombs | Nettement sous 20 joules | Catégorie D, acquisition libre pour un majeur |
| Carabine PCP de field target en .177 ou .22 | Variable, souvent sous le seuil | Catégorie D tant que 20 joules ne sont pas dépassés |
| PCP de gros calibre, .25 et au-delà | Très au-dessus de 20 joules | Catégorie C, déclaration et titre valide exigés |
Deux des trois nouveautés Umarex relèvent ainsi du second régime, comme la MA8 en .30. Aucune de ces annonces ne présume par ailleurs d'une distribution européenne : les gammes américaines et européennes d'une même marque diffèrent souvent, et le classement français ne peut être tranché qu'au vu de l'énergie mesurée sur le modèle effectivement importé. Pour cette raison, cet article ne renvoie vers aucune offre commerciale.
L'apport le plus utile n'est pas un produit
Le fait le plus intéressant de cette édition tient à une décision d'organisation. Les scores sont mis en ligne au fil des journées, mais accompagnés, pour chaque compétiteur, du modèle d'arme, de la lunette et du plomb employés, relève Hard Air Magazine le 7 août 2026.
Sur la plupart des épreuves, la feuille de résultats s'arrête au nom, au club et au score. Croiser performance et matériel sur 240 tireurs, dans des conditions de vent et de lumière connues, produit une base d'observation que ni un catalogue ni un banc d'essai isolé ne peuvent fournir. C'est aussi un correctif salutaire aux classements d'opinion : le matériel le plus visible n'est pas toujours celui qui figure en tête.
Cette transparence tombe à un moment où la discipline se densifie des deux côtés de l'Atlantique, comme le montre en France la saturation des clubs de tir face à l'afflux de nouveaux licenciés. Elle intervient aussi alors que la filière doit intégrer le calendrier de mise en conformité des stands sur la question du plomb, un sujet qui touche directement les fabricants de projectiles présents à l'épreuve. Les autres nouveautés suivies au fil de l'année sont regroupées dans notre rubrique matériel et équipement de tir.
D'après Hard Air Magazine, 06/08/2026, 07/08/2026 et 08/08/2026.
Questions fréquentes
- À partir de quelle énergie une arme à air comprimé change-t-elle de catégorie en France ?
- Le seuil est fixé à 20 joules. En dessous, l'arme relève de la catégorie D et son acquisition est libre pour une personne majeure. Au-delà, elle passe en catégorie C, ce qui suppose une déclaration et la présentation d'un titre valide, licence de tir ou permis de chasser validé.
- Les modèles présentés à cette épreuve arriveront-ils en France ?
- Rien ne le garantit. Plusieurs marques exploitent des gammes distinctes de part et d'autre de l'Atlantique, avec des filiales américaines qui lancent des produits jamais distribués en Europe. Une annonce faite sur un salon américain n'engage donc ni le calendrier européen, ni le classement français, qui dépend de l'énergie mesurée.
- Pourquoi le benchrest à 100 yards est-il particulièrement exigeant en air comprimé ?
- Parce que le projectile est lent et léger. Un plomb quitte le canon à une vitesse très inférieure à celle d'une balle de 22 LR, son temps de vol se compte en dizaines de millisecondes et sa dérive au vent devient considérable à cette distance. La lecture du vent y pèse souvent plus que la qualité intrinsèque de l'arme.
- Qu'est-ce que le format Gunslynger ?
- C'est une épreuve de silhouettes métalliques disputée au chronomètre, où la vitesse d'exécution compte autant que la précision. Elle se pratique sur des distances courtes et sert de contrepoint aux formats lents que sont le benchrest et le field target, disputés dans la même semaine.
En résumé
- La Pyramyd Cup a changé de nature : avec 240 inscrits et vingt exposants, elle fonctionne désormais comme un petit salon d'été de l'air comprimé, à mi-chemin entre le SHOT Show et une compétition de club.
- Les nouveautés qui y sont montrées concernent surtout le PCP de précision et le gros calibre, deux segments que la réglementation française range en catégorie C.
- La publication du matériel employé par chaque compétiteur constitue l'apport le plus utile de cette édition : c'est une base de données de terrain que peu d'épreuves fournissent.
- Pour le tireur français, l'annonce d'un modèle sur le marché américain ne présume ni de son importation, ni de son classement, ni de sa disponibilité en Europe.